Pour ne pas y aller par quatre chemins, LASTMAN est un chef d’œuvre ! Tout amateur de manga qui se respecte se doit de le lire, de le regarder, de le partager. Cela étant dit, je vais vous parler de la série animée qui sert de préambule à la bande dessinée française du même nom. Effectivement, le premier point important à noter est que LASTMAN est une œuvre entièrement française qui reprend tous les codes du manga, d’où le fait qu’il soit considéré comme tel. Autre point important, LASTMAN est destiné à un public strictement majeur ! Une mâchoire qui cède suite à un coup de poing crocheté ou une partie de jambes en l’air dans un ascenseur n’est aucunement censurée. Et pour autant, loin d’être de la vulgarité gratuite ou du fan service, la violence est mise en scène pour montrer la réalité brutale dans laquelle évoluent les personnages. Ici, le gore se mélange au hard-core.

« L’histoire se déroule à Paxtown, capitale corrompue, ivre de drogues et de médias, déchirée par les inégalités et rongée par la mafia. Ici les emmerdes sont aussi inévitables qu’une loi de la nature. Cette mégapole pourrie, elle a vu grandir Richard Aldana, démerdard, sans attache ni ambition, boxeur à ses heures. La boxe pour le jeune Richard, ce n’est ni un sport, ni une passion ; c’est juste un « répulsif à relous ». Mais tout ça c’était avant que tout ne bascule. Avant que son ami Dave, le patron du club de boxe, ne soit assassiné. Du jour au lendemain, Aldana se retrouve avec la charge de son orpheline. Cette gamine, Siri, est maintenant prise pour cible par ceux qui ont déjà tué son père. Ils se font appeler « L’Ordre du Lion ». Ils forment une secte religieuse autrement plus dangereuse que les flics ou les gangsters qui pourrissent d’ordinaire Paxtown. Ces cinglés pensent que Siri est la clef vers leur « autre monde ». En cherchant dans le passé de Dave ce qui a pu déclencher une pareille tornade d’emmerdes, Richard et Siri sont aspirés dans une quête qui les dépasse, où revient le nom de « Vallée des Roi », lieu mythologique de magie et de démons. » (Everybody on Deck, 2016)

Influencé par les plus grands
Dès les premiers épisodes, on tombe rapidement sous le charme de la patte graphique de la série. Les traits de crayon rappellent évidemment le style des grands mangas des années quatre-vingts, alors que le tout est dynamisé par une 3D irréprochable digne d’une production 2016. Les scènes d’action se retrouvent donc magnifiquement orchestrées, que ce soit sur le ring de boxe ou face à un monstre tentaculaire venu d’un autre monde. C’est donc un chapeau bas pour l’équipe de production “Everybody On Deck” qui, malgré un budget nettement insuffisant, a su faire vivre l’animé notamment grâce à une campagne de subvention auprès des admirateurs de la série.

Le Cocktail Aldana
Prenez la bestialité de Guts de Berserk, l’humour de One Punch Man, le charisme de l’illustre Nicky Larson et vous obtenez Richard Aldana ! Protagoniste principal, il nous montre une fois de plus la richesse culturelle de LASTMAN qui s’est fortement inspiré de références japonaises désormais cultes. Plusieurs éléments scénaristiques font un clin d’œil à Dragon-Ball, Naruto et même au mythique Cobra, pour le plus grand plaisir des connaisseurs. Pour autant, cette influence ne se fait pas à la décharge d’un univers unique et propre à LASTMAN. En effet, c’est là le véritable tour de force de ce manga qui arrive à se démarquer grâce à son scénario original et sacrément bien ficelé, où réalité et fantaisie se mélangent habilement.

La réalisation brille également de par ses dialogues inspirés et un humour gras et décalé, qui ne verse pas dans la vulgarité gratuite pour autant. Cela tient aussi dans le casting des voix. Les doublages sont remarquables par leur qualité et une fois encore on ressent l’influence de la pop culture. Pour finir, que dire de la bande-son ? C’est la cerise sur le gâteau. La musique est classe, bien choisie et permet tout simplement à certaines scènes de prendre leurs envols. Du grand Art.

À quand la suite ?
Après avoir dévoré les 26 épisodes de la première saison non sans émotion, on a qu’une seule envie c’est voir la suite ! Malheureusement, à l’heure actuelle aucune suite télévisée n’est prévue. À la base, les auteurs du manga avaient imaginé la série comme étant un projet à part, qui devait se distinguer de la bande dessinée, d’où le fait d’en avoir fait un prologue. Dommage, car la qualité de l’animé mériterait totalement une suite. Toujours est-il que l’univers du manga s’annonce riche et immense, et qu’il s’étale en long en large et en profondeur dans la bande dessinée déjà déclinée en neuf volumes. Alors qu’attendez-vous ?!