Il est très amusant de se promener sur le campus et de demander aux gens ce qu’ils pensent que ressemble la vie d’un étudiant en génie. Bien entendu, on imagine l’étudiant qui a toujours sa tête dans un cahier, à gribouiller des trucs parfaitement incompréhensibles pour le simple commun des mortels. Le type terriblement inintéressant n’ayant aucune espèce de vie sociale. On imagine aussi le geek surdoué qui regarde avec méprise et supériorité les étudiants des autres facultés. Il se vante inexorablement de l’insurmontable montagne de travail qu’il doit accomplir. Oui, mea-culpa, il y a de ça, mais ce stéréotype est faux , car on n’est pas tous comme cela. Vous seriez étonnés de découvrir l’incroyable diversité qu’offre le campus de l’Université d’Ottawa…ou non.

Étant moi-même étudiant en ingénierie, je peux vous assurer que cette image communément admise n’est pas tout à fait exacte. Tout d’abord, il y a quelques petits avantages à être étudiant en ingénierie. Par exemple, les gens se verront toujours impressionnés par votre programme, et assumeront que vous êtes quelqu’un d’intelligent ce qui n’est pas nécessairement le cas, croyez-moi. Autre avantage, il faut savoir que près de la moitié des étudiants internationaux de l’université sont dans la seule faculté d’ingénierie. Donc, une occasion de rencontrer des gens venant des quatre coins du monde et de vivre entouré d’un magnifique mélange de cultures. Vous vous apercevriez que cette personne qui vient du fin fond de l’Arabie Saoudite, de la Chine, du Liban ou encore du Nigeria n’est pas si différente de vous.

En dehors de ça, je dois admettre que l’ingénierie devient vite un véritable casse-tête après la première année. Contrairement aux autres programmes, les cours sont souvent une combinaison mortelle de séances de laboratoire, de groupe de discussion, et de tutorat. Sans oublier, bien sûr, les séances ordinaires de cours que vous n’avez pas trop intérêt à manquer si vous ne voulez pas être largués. Cela fait déjà pas mal sur votre horaire. Cela va de pire en pire si je dois mentionner les dates d’échéance des devoirs, des projets, et des rapports de laboratoire qui se chevauchent intempestivement. Bref, quand on croit qu’il n’y en a plus rien à faire, et bien il y en a encore.

Cependant, pour relativiser, j’imagine que dans un monde idéal, dans un monde où l’on optimise au maximum notre temps, dans un monde où la procrastination n’existe pas, les programmes de génie ne seraient pas si exigeants que ça. Oui, mais c’est plus facile à dire qu’à faire et c’est peut-être là que se trouve la vraie difficulté. Vous le savez tous, le pire ennemi : la procrastination et peut-être aussi Netflix et ce qui va avec…

Engineering uottawa
Engineering uottawa

Avec la charge de travail, le temps des sorties avec les amis comme ça pouvait être le cas en première année est révolu. À vrai dire, votre cercle d’amis se résumera bien souvent à vos camarades de classe. Ces derniers sont dans votre environnement direct, c’est-à-dire, vous les voyez en cours tous les jours. Les autres, ceux qui sont un peu plus loin, se feront peu à peu plus rares. Par contre, ce n’est pas si mal, car avec vos amis proches vous tisserez aussi des relations professionnelles très utiles. Également, on remarque vite que les étudiants en ingénierie s’entraident beaucoup. En effet, vous trouverez fréquemment quelqu’un au bâtiment SITE qui travaille sur la même chose que vous et qui vous donnera un coup de main avec plaisir.

Pour finir, je dois malgré tout souligner l’importance de sortir de temps en temps de cette bulle de futurs ingénieurs, pour faire des rencontres enrichissantes. Bien que la faculté d’ingénierie soit la plus diversifiée culturellement, il faut dire que c’est loin d’être le cas quant à la mixité. Cruelle réalité, la gent féminine est presque inexistante. D’autant plus que l’université compte largement plus de femmes que d’hommes. C’est triste! C’est très triste et ceci est un appel à vous, mesdemoiselles. Rejoignez-nous, on est sympathique, je vous le promets.

Image: gazetteUO