Imaginez que vous êtes en avion avec votre famille. Vous serrez la main de votre enfant, si précieux. Les papillons qui virvoltent dans votre estomac trahissent votre nervosité. Les roues de l’avion atterrissent avec une telle force que vous êtes bousculés dans votre siège. À l’extérieur se trouve l’énorme tour CN, symbole architectural du Canada, qui scintille dans le ciel bleu. Voilà le premier aperçu du Canada pour des milliers de réfugiés syriens qui recommencent leur vie parmi la population canadienne.

Depuis le 10 décembre 2015, 2 413 Syriens cherchent refuge ici au Canada avec leurs familles. Le gouvernement libéral a mis en exécution le projet #Bienvenueauxréfugiés. Ce plan ambitieux a pour objectif d’accueillir 10 000 réfugiés syriens au Canada avant le 31 décembre 2015. Puis, un autre 25 000 d’ici le 9 février 2016. Malgré le retard, et l’impossibilité d’achever le premier objectif, 72 communautés canadiennes se préparent à accueillir les vagues de réfugiés syriens.

Le programme fédéral comporte cinq phases, c’est-à-dire de la sélection des candidats jusqu’à l’intégration de ces derniers à la population canadienne. Les phases sont comme suit: identifier les réfugiés syriens qui arriveront au Canada et de traiter les demandes des Syriens à l’étranger. Ensuite, il faut le transporter vers le Canada et leur accueil dans le pays. Finalement, il y a leur installation et intégration à la communauté. Le programme est axé sur l’accueil de la population réfugiée la plus vulnérable, c’est-à-dire les femmes et les enfants. Après avoir complété une série d’entrevues en Amman et au Beyrouth, les candidats sélectionnés prennent l’avion pour le Canada. Quand ils sont dans le pays, les réfugiés subissent des examens physiques pour s’assurer qu’ils sont en bonne santé. Puis, c’est une manière de traiter les problèmes de santé repérés avant l’étape d’intégration à la population canadienne. Veuillez consulter le site web ci-dessous pour tous les détails.

http://www.cic.gc.ca/francais/refugies/bienvenue/survol.asp

Le Nouvel An amène avec lui de nouveaux voisins. La mosaïque canadienne s’épanouit et s’enrichit avec chaque vitrail culturel qui s’y ajoute. La réalité des Syriens et Syriennes s’exprime par des menaces quotidiennes à leur santé et à leur sécurité. Le risque de mort s’amplifie avec chaque jour de guerre et chaque jour de lutte civile. Fuir son pays natal et son chez-soi est pour eux inévitable surtout quand quitter la maison devient un enjeu trop dangereux. La situation actuelle en Syrie est toxique. N’oublions pas que la Syrie n’est pas seule à vivre ses moments de lutte. Le Soudan du Sud est aussi plongé en guerre civile, mais la délocalisation massive des populations avoisinantes est éclipsée par la grandeur du mouvement réfugié syrien. Que ce soit en Syrie ou au Soudan du Sud, ces humains sont victimes d’injustices déplorables.

Toutefois, il est impossible de rédiger un article sur la crise des réfugiés syriens sans reconnaitre sa dimension controverse. Le mouvement de réfugiés causé par la guerre civile en Syrie soulève des questions de sécurité nationale, d’immigration, et de valeurs étatiques. Ces enjeux sont débattus non seulement au Canada, mais aux États-Unis et par l’Union européenne. Le discours pour et contre les réfugiés est toujours sans fin. Le programme #Bienvenueauxréfugiés n’est pas accueilli par toutes les communautés canadiennes. Par contre, les vagues de réfugiés syriens continueront à atterrir à l’aéroport international Pearson de Toronto. La tour CN demeure jusqu’à présent un symbole architectural du Canada : territoire libre et multiculturel.

Crédit d'image: Canadian Red Cross