Entourée de magazines de mode féminine chez Chapters, c’est avec un mélange de tristesse et de frustration que j’ai pris  plus d’une fois conscience de l’absence des femmes de couleur à la une des magazines. En grandissant, partout où j’allais, je cherchais avidement dans les magazines, dans les publicités ou dans les films que je regardais une femme à mon image, une femme noire. Le manque de représentation des femmes de couleur à eu un grand impact sur la manière dont j’ai forgé mon identité en tant que jeune femme noire. Aurais-je fait la paix plus rapidement avec mes traits, la texture de ma chevelure et la mélanine de ma peau si partout où j’allais je voyais dans les médias une femme à mon image? Absolument.

En plus d’avoir un impact sur la manière dont les gens forgent leur identité, le manque de représentation renforce les stéréotypes sur les minorités. Il ne suffit pas de mettre un homme asiatique comme propriétaire d’un restaurant, un homme indien comme chauffeur de taxi et une femme noire comme nounou dans la prochaine comédie hollywoodienne pour régler le problème. La présence d’une personne de couleur dans un film n’équivaut pas toujours à quelque chose de positif, surtout si le personnage ne fait que représenter un stéréotype.  Vient avec le manque de représentation des minorités dans les médias, un manque de diversité culturelle dans les postes comblés dans les compagnies qui contrôlent les images que nous voyons à la télé et sur le web.

Par exemple, dans le monde cinématographique, il est très important d’avoir plus d’acteurs de différentes cultures, mais il est encore plus important d’avoir des réalisateurs, des producteurs, des écrivains de diverses ethnicités.  Cette présence derrière la caméra permet aux gens de cultures différentes de contrôler l’image d’eux-mêmes qu’ils montrent au monde entier. C’est également une façon de déconstruire les stéréotypes qui existent pour les remplacer par des personnages plus complexes qui se rapprochent de la réalité. Ceci s’applique à tous les domaines reliés aux médias. Par exemple, une femme ou un homme blanc à la tête d’un magazine de mode, ne remarquera peut-être pas que les cinq dernières couvertures étaient occupées par des femmes blanches. Ce n’est pas par méchanceté ou par malice, mais bien parce que cette femme ou cet homme n’aura jamais été sous-représenté dans les médias, donc n’est pas nécessairement sensibilisé à cette problématique.

Les médias jouent un rôle beaucoup plus central dans nos vies maintenant comparativement à quelques années. Partout où l’on va les médias nous suivent et nous affectent sans même que l’on s’en compte. Pour les générations plus jeunes qui naissent dans cette abondance de technologie et dans cette ère de l’image, il est primordial que notre société change et commence à représenter de manière égale ceux qui la forme.