Il était une fois, un jeune garçon de douze ans qui a partagé avec ses camarades de classe un article. Il l’a découvert en feuilletant le journal du matin.  L’article racontait la vie d’Iqbal Masih, un enfant au Pakistan, qui a été vendu en esclavage au marché du travail. Iqbal a été assassiné pour son activisme et sa lutte contre l’esclavage d’enfants. Notre protagoniste exprime sa colère et jure agir pour changer la situation des enfants comme d’Iqbal au Pakistan qui sont aussi victime de l’esclavage. Ce jeune s’appelle Craig Kielburger et cette histoire raconte la naissance de l’organisation charitable Free The Children.

Le mardi 10 novembre était We Day à Ottawa. La mise en scène de l’histoire de Craig Kielburger a marqué le début du spectacle extraordinaire. Pour ceux et celles qui ne savent pas, We Day est un spectacle rempli de vedettes, de présentateurs, de poètes, d’ingénieurs, de bénévoles et de underdogs. On ne peut acheter un billet à We Day, il faut le mériter en faisant une bonne action au niveau local ou au niveau global. La journée entière est consacrée à enseigner aux jeunes des écoles primaires et secondaires les enjeux globaux de développement, de pauvreté, et d’éducation.  L’édition de We Day de la semaine passée était centrée sur quatre points: rêver sans limites, relever les défis, croire en nous-même et construire une communauté. La journée avait comme devise “[n]ous sommes puissants. Nous sommes un mouvement. Nous pouvons changer le monde.”  Quand on entend seize mille jeunes chanter “[n]ous pouvons changer le monde” en harmonie alors on est pris d’un frison profond. On croit vraiment que cette génération de leaders va réussir à rendre le monde meilleur.

Parmi les vedettes présentes étaient Lily Singh, Henry Winkler, Shawn Hook, Francesco Yates, l’ambassadeur des États-Unis au Canada et le Premier ministre du Canada, Justin Trudeau.  Le thème principal des présentateurs suivait plus ou moins ce fil : toute innovation commence par un rêve et ce rêve est l’étincelle qui allume l’action. Finalement, il faut s’entourer d’une communauté positive pour encourager ces efforts et cela va permettre à la réussite du rêve. Alex Deans, par exemple, a rêvé qu’un jour il inventera une technologie pour faciliter la mobilisation des personnes aveugles. Pour Alex, depuis ce rêve qu’il a eu à douze ans, il a inventé iAid, c’est-à-dire un outil développé pour aider les personnes aveugles à naviguer sans chiens d’aveugle. Il encourage aux jeunes à identifier le problème social qu’ils aimeraient voir effacé un de ces jours.  Selon l’honorable Justin Trudeau, ce « un jour » peut être moins lointain qu’on pense. Le Premier ministre a déclaré que « les jeunes Canadiens ne sont pas les leaders de demain, mais plutôt les leaders d’aujourd’hui ». We Day est une journée puissante qui donne un désir remarquable à s’engager dans sa communauté ou sur la scène internationale.

We Day Ottawa, Nov. 10, 2015
We Day Ottawa, Nov. 10, 2015

Par contre, la présence de célébrités fantastiques était atténuée par la construction de l’estrade. Au lieu de l’installation traditionnelle  du Canadian Tire Centre pendant un concert  où l’estrade est à une extrémité du centre, la forme circulaire de la scène au milieu du plancher a présenté plusieurs inconvénients. D’une part, les estrades secondaires aux extrémités de la scène ont empêché une moitié de voir les musiciens ou les orateurs en action. À l’exception des frères Kielburger, Henry Winkler, Lily Singh, les animateurs et Justin Trudeau, les présentateurs furent tous cachés à tour de rôle en arrière de l’énorme scène lumineuse et multicolore. D’autre part,  à cause de la forme circulaire de la scène, il y avait quatre téléprompteurs pour les animateurs selon l’estrade utilisée. La nécessité de ceux-ci n’est pas remise en question, toutefois, observant les présentateurs lire le scénario du spectacle sur l’écran fait éclater la bulle de merveille que renferme We Day.

Alors est-ce que We Day a produit le résultat tant attendu? Est-ce que We Day réussit a inspiré et motivé les jeunes à s’engager ? Depuis sa conception en 2007, en tout, 200 millions billets ont été mérités pour assister au spectacle. Les actions locales ou globales comme prix d’entrée  représentent une valeur cumulative de 60 millions de dollars. On peut dire que 80% des anciens étudiants qui ont fréquenté des « We Schools », c’est-à-dire des écoles qui suivent les initiatives de We Day continuent à faire du bénévolat après le secondaire. L’impact de We Day est clair. We Day est l’étincelle qui allume le feu de l’engagement social. La devise « [n]ous sommes puissants. Nous sommes un mouvement. Nous pouvons changer le monde » est une énergie effervescente qui remplit le centre d’espoir incroyable. Pour le jeune Craig Kielburger de douze ans, « un jour » il allait éliminer l’esclavage d’enfants. La question est maintenant qu’elle est votre rêve ? Qu’allez-vous réaliser un jour ?