Je vous invite à assister à un petit jeu de devinette. Je vous présente une série d’objets qui seront paquetés dans ma valise, et c’est à vous de deviner ma destination. Prêts et prêtes ? De la crème solaire, un convertisseur de voyage, des pantalons kakI, une moustiquaire, des francs CFA et un guide de traduction wolof. Quelle est ma destination ? Durant le mois de mai 2016, je pars en voyage au Sénégal, dans le cadre d’un cours de recherche , avec la faculté des sciences sociales à l’Université d’Ottawa. Ce cours se consacre aux enjeux de l’éducation dans les pays en voie de développement et je suis ravie de participer à un voyage qui me permet d’apprendre sur le terrain.

Depuis ma jeunesse, je suis fascinée par le concept de « normal ». Ma curiosité insatiable cherche à découvrir la réalité du « normal » ou du « quotidien » des autres cultures qui enrichissent la planète. Avant tout, le mot « normal » se réfère aux faits culturels qui sont conformes aux attentes de la société. D’autre part, le mot « quotidien » représente les aliments, les vêtements, les coutumes, les activités financières, les institutions scolaires, le système gouvernemental, la religion pratiquée. Bref, touS les  détails culturels qui s’articulent dans la réalité de chaque individu. Chacun et chacun de ces facteurs minuscules exercent une énorme influence sur la vie quotidienne d’un individu et je suis incapable de concevoir une vie dans laquelle les détails culturels les plus minuscules sont différents de celle canadienne qui me semble si familière. C’est ainsi que j’ai de la difficulté à m’imaginer dans les souliers d’un autre, que ça soit en Haïti, en Russie ou aux Philippines.

Sénégal - Région du Siné Saloum - Départ pour un mariage
Sénégal – Région du Siné Saloum – Départ pour un mariage

Mon quotidien canadien bloque mes capacités cognitives à imaginer une vie caractérisée par différents habits, traditions, langues, croyances, éducation et nationalité. Malgré mon incapacité, mon ambition demeure de m’imaginer dans les souliers d’un autre membre de la communauté internationale. Je m’efforce à découvrir les nombreuses réalités qui s’énumèrent dans l’humanité et je m’accroche aux occasions lorsqu’elles sont disponibles. Dès la onzième année, j’ai participé à un échange culturel de trois mois en Italie. Ma mission était simple : découvrir comment les Italiens ne considèrent l’énorme richesse culturelle, historique et architecturale de leur magnifique pays que « normale » parce que ce n’était pas du tout normal pour une Franco-Canadienne du sud-ouest de l’Ontario. En douzième année, je reprends la même quête au Guatemala en assistant au voyage humanitaire offert par le conseil scolaire. Cette fois-ci à l’université, je me lance dans la culture sénégalaise pour apprendre le quotidien des individus de l’Afrique de l’Ouest et comparer leur « normal » avec mon point de référence canadien.

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J’ai des papillons dans l’estomac.  Je suis, à la fois, enthousiaste du séjour anthropologique qui me permet d’observer une différente réalité culturelle, mais à la fois, remplie de palpitations nerveuses. Ceci marque mon premier voyage en Afrique. Ce voyage représente mon premier contact avec la pauvreté internationale ; phénomène social mesuré par des centaines de statistiques quantitatives, qui débordent les PowerPoint dans mes cours de Développement Internationale. Je suis tannée qu’on traite les humains en situation de misères comme simple chiffre. J’ai fait demande à ce cours de recherche sur le terrain pour sortir des quatre murs écrasants des salles de cours universitaires pour apprendre la réalité des enjeux de développement international, pour étancher ma curiosité qui cherche à savoir le normal des autres et pour m’exposer à une nouvelle culture riche et unique qui viendra nuancer la mienne.

«Partir, c’est quitter son cocon, ouvrir ses ailes et s’envoler. C’est s’apercevoir qu’on n’est pas les seuls sur la planète, qu’on ne sait pas tout comme on le pensait. On devient plus humble, plus tolérant, un peu plus intelligent» ~ P.Fillit

 

Adieu Canada. On se revoit en juin.