En douzième année, lorsque j’étais à la recherche d’un baccalauréat, j’avoue que je n’ai jamais pensé au manque de programmes universitaires offerts en français. Comme étant Franco-Ontarienne, je désirais poursuivre mes études en français. Je voulais continuer à pratiquer mes habiletés dans ma langue parce que je refusais de succomber à la tentation. Celle de l’assimilation par des vagues d’étudiants anglophones.  En effet, j’étais à la recherche d’une communauté francophone universitaire pour me sentir chez moi. Cependant, ma recherche fut superficielle. Je ne me suis jamais aperçu de l’absence d’universités françaises en Ontario, malgré le fait que c’était effectivement le coffre aux trésors de ma quête. Mes pensées n’ont guère tricoté l’injustice qui s’était présentée devant mes yeux. Je me suis contenté du fait qu’ils y avaient des programmes universitaires offerts en français ici et là en  Ontario. Je n’étais pas si visionnaire que cela.

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Or, le jeudi 18 février, les visionnaires franco-ontariens et franco-ontariennes de la province se sont unis à Queen’s Park pour remettre en question cette inégalité linguistique. Ces jeunes imaginent un Ontario où les francophones peuvent étudier dans leur province. Une province où ils peuvent construire une communauté universitaire grâce à la langue de Molière. Ces jeunes ont lutté contre l’assimilation. Ils défendent leur culture, comme le faisaient leurs ancêtres il y a cent ans.

Cette manifestation, décorée de drapeaux verts et blancs, avait pour but de mettre une pression sur le gouvernement ontarien. Le but de cette manifestation était  de permettre la lecture du projet de loi privé par France Gélinas, député de Nickel Belt et membre du nouveau parti démocratique. Ce projet de loi permettra la création et le financement d’une université unilingue en français situer dans la région de Toronto. Le 19 novembre, la législature ontarienne accepte la deuxième lecture du projet de loi. On est déjà en mars et le gouvernement ontarien traîne les pieds pour faire la troisième lecture du projet de loi.

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C’est dans ce cadre que les Franco-Ontariens se sont rassemblés pour chanter “Notre Université, Notre Place!”, “400 ans sans université” et “On veut, on peut”! Après la marche, les manifestants et les manifestantes ont participé à des cours magistraux universitaires en plein air. Ils ont exclamé “Insuffisants sont les espaces virtuel”.  Le message est clair : il faut aux Franco-ontariens et Franco-ontariennes un édifice, une institution, une université.

Il importe de noter, cependant,  qu’il existe une petite université au nord-est de l’Ontario, l’Université de Hearst. Elle offre uniquement des programmes en français dans les villes de Timmins, Kapuskasing et Hearst. Malheureusement,  la longue distance et sa petite taille la rend oubliable et donc inconnu aux visionnaires franco-ontariens qui sont impatients. Ils ont hâte de voir le jour où la province de l’Ontario finance la construction d’une université française à Toronto, mais il faut attendre en 2018. Dans la même veine, deux institutions postsecondaires françaises au niveau collégial sont situées dans des communautés francophones en Ontario, la Cité collégiale à Ottawa  et le Collège Boréal à Sudbury. C’est aussi le cas de l’Université d’Ottawa, l’Université de St Paul (Ottawa), l’Université de Sudbury,  l’Université Laurentienne (Sudbury), le Collège universitaire de Glendon (York University), l’Institue d’études pédagogique de l’Ontario (Université of Toronto), le Collège dominicain (Ottawa) et le Collège universitaire Alfred (University of Guelph).  Ne négligeons pas la réussite de ces ses institutions postsecondaires  qui permettent d’instruire des milliers de francophones en Ontario.

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Est-ce que ce projet va réussir ? Impossible à savoir. Par contre, ce qui m’a frappé en rédigeant cet article ce sont les paroles du député France Gélinas. Il a dit : “une université pour et par les francophones”. Voilà des mots qui sont rarement tissés ensemble, surtout en Ontario. Cependant, la réalité se présente comme suit : une université française ne serait que possible si un nombre suffisant d’étudiants font une demande d’admission puisque les Franco-ontariens et les Franco-ontariennes sont en situation de minorité. Il est risqué pour le gouvernement ontarien d’investir des centaines de milliers de dollars pour une université à Toronto dont le nombre d’étudiants est incertain.  Pour les visionnaires qui ont exprimé leurs insatisfactions à la législature provinciale estime que les Franco-ontariens et les Franco-ontariennes vont profiter et même réjouir d’une université “pour et par les francophones”. Dans cent ans, les francophones de la province de l’Ontario vont peut être penser que c’est inconcevable qu’il n’existât pas d’université française jusqu’en 2018.  Comme l’on fait nos ancêtres, il faut défendre notre droit à une éducation universitaire en langue française.  Jusqu’à ce que ce rêve se cristallise un jour, nous les Franco-ontariens et les Franco-ontariennes doivent se contenter des programmes postsecondaires offerts ici et là dans la province qui agite le drapeau doté du Trillium et de la fleur de lys.

Si vous voulez en savoir plus, regardez ce reportage.